Laboratoire d’Etude et de Recherche sur l’Economie, les Politiques et les Systèmes Sociaux

Historique

Le LEREPS est le plus ancien des laboratoires de sciences économiques présents sur le site toulousain. Il est fondé en 1976 à l’initiative de François Morin et d’une petite équipe d’économistes de l’Université de Toulouse 1 (Alain Alcouffe, Xavier Freixas, Michel Moreaux) souhaitant dépasser le bipolarisme alors présent dans cet établissement entre économètres et économistes du travail. Sa première dénomination est Laboratoire d’Etude et de Recherche sur l’Economie de la Production (LEREP). Avec l’arrivée de Jean-Pierre Gilly (Université de Toulouse 3) au début des années 1980, le laboratoire acquiert sa structuration historique autour de deux principaux axes de recherche sur l’activité économique : l’un portant sur ses dimensions organisationnelles (filières productives, actionnariat et financement des entreprises) et l’autre sur ses dimensions territoriales (géographie et réseaux d’interactions entre différents types d’acteurs). L’attention accordée à l’analyse de données et à la constitution de bases documentaires est l’un des principes caractérisant la recherche menée par cette équipe : cela est prouvé par la création pionnière d’un centre de ressources documentaires sur la structure de l’économie française, qui s’établit à l’époque comme une référence nationale.

Alors que la recherche en économie connaît un tournant de plus en plus « théorisant » et « mathématisant » au sein de l’Université de Toulouse 1 (jusqu’à l’abandon symbolique par cet établissement de la dénomination d’« Université des Sciences Sociales » en 2009), le LEREP s’affirme progressivement comme un laboratoire d’économie appliquée ouvert aux apports des autres sciences sociales. Non seulement l’équipe s’élargit au cours du temps en accueillant des chercheurs afférant à d’autres sections du CNU (gestionnaires, sociologues, aménageurs), mais ses recherches en économie se développent aussi en dialogue avec d’autres disciplines (comme, entre autres, la géographie, l’histoire, le droit, la science politique, l’anthropologie, l’agronomie, etc.). Signe de cette ouverture, en 1998 il change son nom en Laboratoire d’Etude et de Recherche sur l’Economie, les Politiques et les Systèmes sociaux (LEREPS). Au cours de son histoire, le laboratoire est successivement dirigé par d’éminents chercheurs reconnus sur la scène nationale et internationale, dont la plupart en poste à Sciences Po Toulouse : François Morin, Bernard Maris, Jean-Pierre Gilly, Claude Dupuy, Gabriel Colletis, Olivier Brossard, Charilaos Kephaliacos, Jérôme Vicente.

Dans le temps, le LEREPS accueillit une proportion toujours croissante de chercheurs venant d’autres établissements du site : les Universités de Toulouse 2 et 3, l’Ecole Nationale de la Formation Agronomique (aujourd’hui ENSFEA), l’Ecole Supérieure de Commerce (aujourd’hui TBS) et, naturellement, l’Institut d’Etudes Politiques. Cette évolution aboutit enfin à une reconfiguration majeure de l’ancrage institutionnel du laboratoire : depuis le 1er janvier 2016, sa tutelle principale est désormais Sciences Po Toulouse, alors qu’UT1 Capitole, UT2 Jean Jaurès, UT3 Paul Sabatier, ENSFEA et TBS sont officiellement ses tutelles secondaires. Comptant une trentaine de chercheurs et une quinzaine de doctorants, le LEREPS s’affirme donc aujourd’hui comme un laboratoire de site, bien investi dans la démarche d’intégration de l’Université de Toulouse : en témoignent, entre autres, son statut de membre fondateur du LabEx SMS, aussi bien que sa collaboration historique avec des chercheurs de l’INRA.

L’intégration du LEREPS au sein de Sciences Po Toulouse ne s’explique pas seulement par le traditionnel rattachement à cette équipe de plusieurs enseignants-chercheurs de l’IEP. Il se justifie aussi par la nature de la démarche scientifique qui inspire tous les trois programmes de recherche actuels du laboratoire (Finance et Industrie, Réseaux et territoires, Développement et soutenabilités). Pour les chercheurs du LEREPS, le fait économique est un fait social qui ne peut pas s’appréhender en faisant abstraction du contexte politique, juridique et historique. Ce n’est que par la compréhension de la complexité de la réalité économique que l’action publique peut se déployer de manière éclairée et efficace : une telle compréhension ne peut être atteinte qu’à travers le dialogue constant entre l’économie et toutes les autres disciplines représentées au sein de l’IEP.