Laboratoire d’Etude et de Recherche sur l’Economie, les Politiques et les Systèmes Sociaux

Soutenance de thèse

lundi 2 décembre

Héloïse Valette soutient sa thèse : "Articuler protection des ressources en eau et accès à l’eau potable : quel cadre théorique, quels enjeux empiriques ? Le cas de l’Indonésie"

Le lieu

Le lundi 2 décembre 2019 à 9h30
salle des thèses de l’Université Toulouse 1 Capitole
2 Rue du Doyen-Gabriel-Marty, 31042 Toulouse

Le jury

Mme Catherine Baron, Professeure des Universités, IEP de Toulouse, Directrice de thèse
M. Bernard Barraqué, Professeur émérite, CNRS, Rapporteur
Mme Géraldine Froger, Professeure des Universités, Université Toulouse 2, Examinatrice
Mme Olivia Jensen, Associate Professor, Lee Kuan Yew School of Public Policy, Examinatrice
Mme Muriel Maillefert, Professeure des Universités, Université Lyon 3, Rapporteure
M. Olivier Petit, Maître de conférences, Université d’Artois, Examinateur

Le résumé

La thèse part du constat d’une difficulté à articuler des objectifs de protection des ressources en eau avec ceux visant l’accès à une eau potable pour tous. Dans un contexte de pressions anthropiques et climatiques sur les ressources en eau, ces objectifs ne peuvent plus être appréhendés de façon déconnectée dans le cadre de politiques publiques comme sur le plan théorique. Pourtant, leur articulation est rarement étudiée comme objet d’étude à part entière en sciences humaines et sociales. La thèse vise donc à discuter cette articulation, en élaborant un cadre d’analyse original. Elle combine des approches institutionnalistes pour étudier la construction des règles de gouvernance des eaux (ressources, eau potable) avec les recherches conduites en political ecology qui prennent en compte les rapports de pouvoir dans la coordination des acteurs. Ce cadre permet aussi d’analyser les diverses qualifications de l’eau utilisées par les acteurs pour justifier un mode de gouvernance de l’eau spécifique. La thèse s’appuie sur deux études de cas complémentaires dans le contexte indonésien, fondée sur une méthodologie qualitative. En Indonésie, cette question de l’articulation apparaît comme centrale. Ce pays est en effet marqué par de forts enjeux de répartition des eaux entre les usagers et de pollution des ressources qui constituent une entrave à l’accès à l’eau potable. La première étude de cas porte sur le processus de construction d’une règle controversée, la loi sur l’eau, qui encadre le secteur (ressource et eau potable). Nous analysons ce processus à travers les discours de justification des acteurs qui oscillent entre accès équitable à l’eau potable et protection des ressources. La seconde étudie une ville indonésienne, Surakarta, qui concentre des enjeux portant à la fois sur la durabilité des ressources et l’accès à l’eau potable : pollutions aux points de captage, densité, ou encore conflits relatifs à l’allocation des ressources pour l’accès à l’eau potable. Dans les deux cas, une lecture sur le long terme des dynamiques institutionnelles permet d’identifier les moments de changements, caractérisés par de nouvelles hiérarchisations des finalités entre protection des ressources et accès à l’eau potable. Nous montrons aussi l’importance des rapports de pouvoir entre acteurs pour privilégier une finalité plutôt qu’une autre, en lien avec le processus de qualification de l’eau. Nous mettons enfin en évidence des différences dans la façon d’appréhender l’articulation dans des contextes locaux urbains et dans d’autres a-territorialisés, lors de la négociation de règles.